Association Culturelle et d'Etudes de Joigny
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Voyage en Renaissance tonnerroise.

«Que diriez-vous de profiter, pour vous seuls, d’un château d’exception ? Maulnes par exemple ! Jean-Luc Dauphin et Jean-Paul Delor se proposent de vous servir de guides pour une visite privée, exhaustive et déroutante, telle que jamais vous ne pourrez l’entreprendre…», énonçait l’invitation au voyage.

Telle fut la proposition alléchante qui, de nouveau, le 17 juin 2010, remplit un car de voyageurs de l’A.C.E. de Joigny, avides de découverte ou de redécouverte, et… d’exclusivité.

Un château d'exception, pour nous seuls, MAULNES ! Ce fut le mets culturel et matinal que nous présentèrent nos deux guides talentueux, après que le car ait gravi pour nous la petite route menant au sommet du plateau.

Percevoir de loin la silhouette de ce château Renaissance, unique en France, dont l’architecture originale naît d’un plan pentagonal a quelque chose d’extraordinaire. Conçue autour d’un puits magique qui, du zénith aux entrailles de la terre, produit à la fois lumière et eau, comme modelée autour d’un axe de potier, cette bâtisse est un régal des yeux et de l’imagination.

Lorsqu’on regarde les plans, chaque étage apparaît comme une fleur à cinq pétales dont le pistil serait le puits et les étamines, l’escalier. Etages surprenants et raffinés : le vestibule et l’hypocauste, le nymphée et son invite à la nature environnante, accès au jardin disparu, l’étage noble et ses colonnes doriques, les cheminées accrochées aux murs d’un étage improbable, les combles et leur charpente, comme une ramure protectrice, et tout en haut, encadrée de ses cheminées, la galerie d’où l’on embrasse la forêt environnante et giboyeuse et d’où montent après la pluie, des fumerolles de brume.

Conçu par on ne sait trop quel architecte vraiment, mais par un homme talentueux, voire génial, assurément, maître des nombres et de la proportion.

Un petit dépliant, façon guide-touristique, distribué à l’entrée permettait à chacun de se retrouver dans cet élégant dédale en volume.

Antoine de Crussol et Louise de Clermont, les commanditaires de ce château, personnages proches de Catherine de Médicis, ont eu cette belle idée de planter en Tonnerrois cette bâtisse unique, au XVIe siècle. Et c’est pour notre plus grand plaisir d’icaunais que le Département l’acquit au plus sombre de son histoire, alors chef d’œuvre en grand danger de disparition.

La mystérieuse magie poétique qui ressort de cette architecture unique n’a échappé à aucun des visiteurs qui se sont égaillés dans le château, chacun découvrant à son gré les recoins oubliés, recherchant une chapelle supposée et chassant les rares graffitis échappés à l’œil averti de Jean-Paul.

Visite collective et individuelle, sous la houlette attentive et conjointe des deux Jean-.

Le déjeuner fut pris à l’Hostellerie du Centre, à Ancy-le-Franc. 

Après le déjeuner, nous visitons le célèbre et rare château Renaissance de la famille des Clermont-Tonnerre, construit autour d'une cour carrée, Ancy-le-Franc. Réalisation également unique en France.

Un guide professionnel, heureusement étayé par le nôtre, nous fait visiter ce château d’exception, lui aussi, construit par et pour Antoine III de Clermont-Tonnerre, beau-frère de Diane de Poitiers, au milieu du XVIe siècle. Chef d’œuvre de la renaissance italienne, posé sur son élégant parc de verdure le château d’Ancy-le-Franc a été bâti sur les plans de Serlio, célèbre architecte du roi François premier.
Nous y admirerons bien sûr, la remarquable série des peintures murales attribuées aux plus grands artistes des XVIe et XVIIe siècles, et la richesse de décoration des appartements. (des artistes de notre atelier peinture reprendront les motifs floraux des caissons peints).

La journée bien remplie nous fera passer rapidement devant l’église de Cruzy-le-Châtel, dont la façade fut dessinée par Nicolas Ledoux, l’architecte des Salines royales d’Arc-et-Senans. Jean-Luc Dauphin, depuis le micro dans le car, tentera de nous rendre un peu moins ignorants de l’odyssée d’un tel monument, inattendu dans un village d’une telle modestie.

La fosse Dionne, prévue au programme de retour, sera d’un autre voyage… Nous rentrons, certains fourbus, mais tous avec des étoiles dans les yeux.

Cette journée, préparée par notre Vice-président, Jean-Luc Dauphin, fut une deuxième réussite.